Source: Coffee Science Information Centre (COSIC)

Le café fait partie des Rubiaceae qui comprennent quelque 500 genres et plus de6 000 espèces. La plupart sont des arbres et arbustes tropicaux qui poussent dans les étages inférieurs de la forêt. La famille comprend également les gardénias et les plantes qui produisent la quinine et autres substances utiles mais Coffea est de loin le membre de la famille le plus important du point de vue économique.

Depuis que Coffea a été décrit par Linné au milieu du 18e siècle, les botanistes se chamaillent sur un système de classification précis. Il existe probablement au moins 25 grandes espèces, toutes indigènes à l’Afrique tropicale et à certaines îles de l’océan Indien, notamment Madagascar. Les difficultés de classification et de désignation d’une plante comme membre du genre Coffea sont dues à la grande variété de plantes et de graines. Toutes les espèces de Coffea sont des ligneux mais elles recouvrent des petits arbustes et des grands arbres de plus de 10 mètres ; les feuilles peuvent être jaunes, vert foncé, bronze ou violacées.

Les deux espèces de caféier les plus importantes du point de vue économique sont Coffea arabica (café Arabica) – qui représente plus de 70% de la production mondiale – et Coffea canephora (café Robusta). Deux autres espèces sont cultivées à une plus petite échelle : Coffea liberica (café Liberica) et Coffea dewevrei (café Excelsa).

Coffea arabica – café Arabica

Coffea arabica a été décrit pour la première fois en 1753 par Linné. Les variétés les plus connues sont “Typica” et “Bourbon” , qui ont donné naissance à de nombreuses souches et à de multiples cultivars tels que caturra (Brésil, Colombie), Mundo Novo (Brésil), Tico (Amérique centrale), le nain San Ramon et le Jamaican Blue Mountain. Le caféier Arabica ordinaire est un gros arbuste avec des feuilles ovales vert foncé. Il est génétiquement différent des autres espècesde café, car il a 4 chromosomes au lieu de deux. Ses fruits sont de forme ovale et mûrissent en 7 à 9 mois ; ils contiennent généralement deux graines plates (grains de café) – lorsque la cerise ne renferme qu’une seule graine celle-ci s’appelle caracoli, ou perle. Le café Arabica est souvent sensible aux parasites et aux maladies et la résistance est l’un des principaux objectifs des programmes de sélection végétale. Le café Arabica est cultivé dans toute l’Amérique latine, en Afrique centrale et orientale, en Inde et, dans une certaine mesure, en Indonésie.

Coffea canephora – café Robusta

Le terme “Robusta” désigne une variété largement cultivée de cette espèce. C’est un arbuste ou un petit arbre robuste pouvant atteindre une hauteur de 10 mètres, avec des racines peu profondes. Ses fruits sont ronds et peuvent prendre 11 mois pour arriver à maturité ; les graines sont de forme ovale et plus petites que celles de C arabica. Le café Robusta est cultivé en Afrique de l’Ouest et centrale, en Asie du Sud-Est et, dans une certaine mesure, au Brésil sous le nom de Conillon.

Coffea liberica – café Liberica

Le caféier Liberica est un grand arbre robuste pouvant atteindre une hauteur de 18 mètres, avec de grandes feuilles caoutchouteuses. Ses fruits et graines (grains) sont également gros. Le café Liberica est cultivé en Malaisie et en Afrique de l’Ouest mais seules de très petites quantités sont commercialisées car la demande pour sa saveur caractéristique est faible.

Sélection Végétale

Coffea arabica

C. arabica est un tétraploïde (44 chromosomes) autogame. Il existe deux variétés botaniques distinctes : Arabica (typica) et Bourbon. Historiquement, typica était cultivé en Amérique latine et en Asie alors que Bourbon est arrivé en Amérique du Sud et, plus tard, en Afrique orientale par le biais de la colonie française de l’île de Bourbon (maintenant la Réunion). C. arabica étant autogame, ses variétés sont restées génétiquement stables. Toutefois, des mutations spontanées exhibant des caractéristiques souhaitables ont été cultivées et exploitées à des fins de croisement. Certains de ces mutants et cultivars sont décrits ci-dessous.

Mutants : Caturra – forme compacte du Bourbon Maragogype – mutant de typica avec des grains éléphants. San Ramon – typica Purpurascens nain – feuilles pourpre

Des cultivars ont été mis au point pour obtenir un rendement économique maximum dans des conditions régionales spécifiques de climat, sol, méthodes de culture et de prévalence des parasites et maladies. Les cultivars les plus connus sont :

  • Blue Mountain – cultivé en Jamaïque et au Kenya
  • Mundo Novo – croisement de Typica et Bourbon, initialement cultivé au Brésil
  • Kent – initialement mis au point en Inde, avec une certaine résistance aux maladies
  • Catuai –hybride de Mundo Novo et de Caturra, caractérisé par des cerises jaunes ou rouges : Catuai-amarelo et Catuai-vermelho respectivement.

Coffea canephora

C. canephora est un diploïde autostérile qui produit de nombreuses formes et variétés sauvages. L’identification des cultivars est peu claire, mais deux formes sont reconnues :

  • “Robusta” – à port érigé
  • “Nganda » – à port rampant

Hybrides d’Arabica et de Robusta

Des caféiers ont été sélectionnés pour améliorer les caractéristiques suivantes : croissance et floraison, rendement, taille et forme des grains, qualité à la dégustation, teneur en

caféine,  résistance aux maladies et à la sécheresse.

Les croisements d’Arabica et de Robusta cherchent à améliorer l’Arabica en lui conférant résistance aux maladies et vigueur tout en améliorant la qualité à la dégustation du Robusta.

Hibrido de Timor est un hybride naturel Arabica x Robusta qui ressemble à l’Arabica et a 44 chromosomes.

Catimor est un croisement de Caturra et d’Hibrido de Timor ; il est résistant à la rouille des feuilles (Hemileia vastatrix).

Un nouvel hybride nain appelé Ruiru Eleven, mis au point à la Station de recherche sur le café de Ruiru (Kenya), a été lancé en 1985. Ruiru 11 est résistant à l’anthracnose des baies et à la rouille de la feuille. Il a un rendement élevé et supporte une densité de plantation double de la normale.

Les hybrides Icatu sont le résultat de rétrocroisements répétés d’hybrides interspécifiques Arabica x Robusta et de cultivars d’Arabica Mundo Novo et Caturra.

Les hybrides Arabusta sont des hybrides interspécifiques fertiles Fl résultant de croisements entre Arabica et Robusta autotétraploïde induit.

Techniques de sélection

1. Pollinisation et multiplication par graines contrôlées 2. Multiplication végétative (clonale)

  • Méthodes classiques : greffes, boutures
  • Nouvelles méthodes (culture de tissus) : micromultiplication, embryogenèse somatique

Ces dernières années, on a étudié le potentiel des manipulations génétiques de Coffea au moyen de la technique de l’ADN recombinant et des techniques de culture tissulaire. En introduisant des gènes nouveaux de résistance aux parasites ou aux herbicides, ou des gènes conférant des qualités de dégustation à la tasse, il pourrait être possible de produire du matériel végétal réunissant toutes les caractéristiques souhaitées.

Références

Clifford M.N. and Willson K.C. (Editors) – Coffee; botany, biochemistry and production of beans and beverage. Londres, Croom Helm, 1985

Wrigley G. – Coffee. Londres, Longman, 1988